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Crash-tests des voitures sans permis : des résultats inquiétants

Crash-tests des voitures sans permis : des résultats inquiétants

Temps de lecture 4 minutes

Un marché en pleine expansion

Les ventes de quadricycles légers connaissent une forte croissance en France, dépassant les 30 000 immatriculations annuelles. Le pays concentre environ la moitié des ventes européennes grâce à des constructeurs nationaux tels qu’Aixam, Ligier et Citroën. L’Ami, avec son prix d’entrée sous les 8 000 euros et son design atypique, a dynamisé le segment.

Le marché attire un public varié : adolescents impatients de goûter à l’autonomie, citadins cherchant une alternative à la voiture classique ou conducteurs ayant perdu leur permis. Résultat : le parc roulant augmente, et avec lui le nombre d’accidents.

Une accidentalité préoccupante

Bien que les voitures sans permis représentent une faible part du parc automobile, les statistiques montrent un taux de mortalité supérieur à la moyenne nationale. En 2024, 445 accidents impliquant des voiturettes ont été recensés, entraînant 37 décès, dont 34 parmi les conducteurs ou passagers, soit un décès pour 12 accidents. Près de 68 % de ces décès surviennent hors agglomération, là où la vitesse est plus élevée et la protection insuffisante. Cette hausse de plus de 60 % par rapport à l’année précédente confirme une tendance inquiétante.

Des crash-tests alarmants

Pour mieux comprendre ces risques, une émission allemande spécialisée, en partenariat avec l’organisme Dekra, a testé deux quadricycles légers : une Aixam Crossline diesel et une Citroën Ami électrique. Les véhicules ont subi un choc frontal décalé à 45 km/h contre une barrière déformable, simulant une collision avec une voiture.

À première vue, l’avant absorbe le choc et l’habitacle ne s’effondre pas. Cependant, les mannequins montrent des blessures graves : la tête percute le volant, le cou subit une extension extrême et, pour l’Ami, le torse est touché. Les experts concluent qu’un tel choc est très probablement fatal pour le conducteur.

Une réglementation permissive

La vulnérabilité de ces véhicules s’explique par une réglementation spécifique : pas d’airbag, pas d’ABS et aucun crash-test équivalent aux voitures classiques. Les constructeurs justifient cette absence par la limite réglementaire de 425 kg à vide et la vitesse maximale de 45 km/h, qui ne suffisent pas à protéger les occupants lors d’un choc avec un véhicule plus lourd.

Le facteur humain : formation minimale et jeunesse des conducteurs

Près de la moitié des acheteurs d’Ami sont mineurs. Pour obtenir un permis AM, il suffit de suivre 8 heures de formation théorique et 4 heures de conduite, sans examen du Code de la route. Cette formation réduite, combinée au manque d’expérience et à des comportements parfois imprudents, augmente le risque d’accidents.

Vers un encadrement renforcé ?

Malgré l’augmentation du nombre de victimes, le marché pourrait continuer à croître. Le coût du permis et des voitures neuves rend ces microcars attractifs pour de nombreux profils, y compris les personnes privées de permis, qui restent plusieurs dizaines de milliers chaque année.

Les chiffres et crash-tests spectaculaires alertent l’opinion et certains élus. Des voix réclament un durcissement des normes : équipements de sécurité obligatoires, crash-tests d’homologation plus stricts et révision des conditions du permis AM.

Mesures proposées pour renforcer la sécurité :

  • Obligation d’airbags et de systèmes de freinage modernes
  • Formation plus complète avec examen théorique
  • Critères de résistance inspirés des normes automobiles
  • Sensibilisation renforcée des jeunes conducteurs aux risques

Conclusion : une vigilance indispensable

Les voitures sans permis offrent une mobilité autonome pour les mineurs, une alternative aux trajets courts en voiture et restent plus sûres qu’un deux-roues en cas de chute. Cependant, leur succès ne doit pas masquer leurs limites : accidentologie élevée, protection insuffisante et conducteurs parfois peu préparés. Tant que la réglementation ne sera pas adaptée, ces véhicules resteront un danger sous-estimé sur nos routes.

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